Paris : la grève des éboueurs devrait reprendre à partir de cette date

La CGT a déposé un autre préavis de grève. 

Par Aylan-afir Modifié le 06/04/2023 à 13:54
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Alors que les rues de Paris finissent tout juste d'être débarrassées des déchets qui les encombraient, la CGT appelle à une nouvelle grève des éboueurs. Ce débrayage, « reconductible et indéterminé », vise à protester contre l'adoption de la loi relative à la réforme des retraites.

Une reprise de la grève des éboueurs ?

Le 29 mars dernier marquait la fin de la grève des éboueurs à Paris. En raison du manque de grévistes, la CGT avait appelé à mettre un terme au mouvement de grève qui avait débuté quinze jours plus tôt. Il semblerait toutefois que nous n'ayons assisté qu'à une trêve de ce mouvement. La CGTFTDNEEA (Filière traitement des déchets, nettoiement et eau, égouts, assainissement) indique, en effet, avoir déposé un nouveau préavis de grève.

La dernière grève des éboueurs avait vu s'entasser dans les rues parisiennes plus de 10 000 tonnes de déchets. De bien tristes images de « la plus belle ville du monde » ont été relayées par la presse internationale. Il semblerait donc que la CGT ait décidé de remettre une pièce dans la machine. Le timing du début de cette grève a été, par ailleurs, mûrement réfléchi. Il interviendra jeudi 13 avril, soit la veille de la décision du Conseil constitutionnel, qui doit statuer sur la légalité de la loi portant sur la réforme des retraites.

Le mouvement peut compter sur le soutien d'Anne Hidalgo

La CGT a, donc, adressé un courrier à la maire de Paris, Anne Hidalgo, afin de l'informer du début de cette nouvelle grève. Dans ce cadre, elle a appelé les salariés « à participer activement et massivement aux journées d'actions intersyndicales et interprofessionnelles des jours à venir ». Elle juge la réforme « néfaste » pour les travailleurs aux « métiers pénibles et insalubres ».

Les organisations syndicales peuvent, aussi, compter sur le soutien de la maire de Paris. Cette dernière avait pris parti pour le mouvement lors de la première grève des éboueurs. Elle a, d'ailleurs, qualifié la réforme d' « injuste et injustifiée », et estime que « la réponse des Français (était) dans la rue ».

Des discussions n'ayant pas abouti

Outre cette grève des éboueurs, une nouvelle journée de manifestations est prévue ce jeudi 6 avril à l'échelle nationale. Mercredi 5 avril, l'intersyndicale a rencontré la Première ministre, Elisabeth Borne. Les discussions auront duré moins d'une heure et se sont soldées par un échec total. « Nous avons redit à la Première ministre qu'il ne saurait y avoir d'autre issue démocratique que le retrait du texte. La Première ministre a répondu qu'elle souhaitait maintenir son texte, une décision grave », a précisé le président confédéral de la CFTC, Cyril Chabanier.

« On est en train de vivre une grave crise démocratique, on avait une crise sociale qui se transforme en crise démocratique », a ajouté Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT. « C'est la responsabilité du Conseil constitutionnel, que nous respectons et que nous ne mettons pas sous pression, d'entendre aujourd'hui que notre démocratie a besoin d'apaisement. L'apaisement, ce serait que ce texte ne s'applique pas », a-t-il plaidé.

Il reste à savoir si la mobilisation prévue jeudi sera à même de réunir un nombre conséquent de participants et de maintenir la pression sur l'exécutif. Dossier à suivre...