L’exposition des enfants sur les réseaux sociaux

Par Aylan-afir Modifié le 19/04/2023 à 13:19
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La présence des enfants sur les plateformes en ligne est un problème qui préoccupe de plus en plus les parents et les professionnels de la santé mentale. Avec l'utilisation accrue des réseaux sociaux et la disponibilité immédiate de ces outils, le partage de photos et de vidéos des enfants en ligne n'a jamais été aussi simple. Cela peut sembler inoffensif, mais il y a des dangers à anticiper.

Source : Unsplash

Des jeunes de plus en plus exposés

ExpressVPN a révélé que plus les enfants grandissaient, plus ils passaient du temps sur les plateformes sociales. Pour cette enquête, 2 000 jeunes ayant entre 4 et 13 ans ont été interrogés.

Par exemple, les jeunes de 13 ans aux États-Unis et au Royaume-Uni consacrent 45 minutes de leur journée sur les réseaux sociaux. Plus surprenant encore est le temps qu'un enfant de 4 ans passe devant un écran. Les tout-petits sont en moyenne pendant 21 minutes sur les réseaux sociaux.

En France, 87 % des enfants de 11-12 ans déclarent utiliser régulièrement les réseaux sociaux (autres que YouTube), selon une enquête de 2022 de BornSocial. 50 % des enfants publient du contenu chaque semaine. Les filles sont les plus actives, avec en moyenne plus de 6 publications par semaine. Pourtant, la plupart des comptes de ce groupe d'âge sont privés, et seulement 6 % d'entre eux ont des comptes publics.

Quand les parents sont en partie fautifs

Les parents doivent prendre conscience de cette forte activité de leurs enfants pour les protéger. Cela dit, les parents sont aussi responsables de la surexposition de leurs enfants aux réseaux sociaux numériques. Une étude de l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique a révélé que 53 % des parents partagent du contenu mettant en scène leurs enfants sur ces réseaux.   OPEN Asso, l'association de l'éducation numérique en France, définit ce phénomène comme le « sharenting ».

Lorsque les parents publient des photos et des vidéos de leurs enfants sur les réseaux sociaux, ils partagent leur vie privée avec le monde. Le contenu peut être téléchargé par d'autres utilisateurs sans autorisation parentale : c’est une atteinte à la vie privée. Mais pour certains parents, exposer ses enfants est un métier. 20 Minutes montre que parmi eux, 3 % sont des influenceurs et sont rémunérés. Pour 47 % de ces parents influenceurs, cette activité est leur seule source principale de revenus.

Impacts sur la santé mentale et la protection des enfants

La cyberintimidation est un risque lié à l'exposition des enfants aux réseaux sociaux. Les enfants peuvent se retrouver victimes de harcèlement en ligne et sont exposés à un contenu parfois inapproprié ou dangereux.

L'impact sur la santé mentale des enfants est une préoccupation. L'exposition à des images idéalisées de la vie d'autrui peut conduire à des comparaisons négatives de soi avec les autres, entraînant l’anxiété, voire la dépression.

Pourtant, les plateformes ne font rien. 01Net.com démontre que les dirigeants de Meta Platforms Inc. (Facebook, Instagram) et de ByteDance Inc. (TikTok) sont bien conscients de l'impact négatif de ces plateformes sur les jeunes et les adolescents. Mais ils ne tiennent pas compte de cette information. Les développeurs n'ont ainsi pas absolument pas changé leurs algorithmes après avoir réalisé qu'ils pouvaient conduire les enfants et les adolescents sur une voie dangereuse et addictive.

La sécurité des enfants sur les réseaux sociaux préoccupe, également au niveau étatique. L’Assemblée nationale cherche à instaurer une majorité numérique pour protéger les moins de 15 ans sur les réseaux sociaux. L’objectif est de vérifier l’âge des utilisateurs avant toute inscription.