« Je vole 60% de mes courses » : comment cette femme est devenue experte du vol à l’étalage

Elle dévoile le montant hallucinant de ses vols à l’étalage et sa technique pour ne pas se faire prendre.

Par Aylan-afir Publié le 26/04/2023 à 21:28
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Mathilde, une jeune femme de 26 ans, a trouvé sa solution « parfaite » pour survivre à l'. Elle a développé une technique infaillible pour faire ses courses sans payer. Un acte répréhensible, mais qui révèle la dure réalité économique de nombreux citoyens français. Voici l'histoire de Mathilde avec le vol à l'étalage.

Pourquoi Mathilde est devenue une voleuse à l'étalage professionnelle

Aujourd'hui, de nombreuses personnes souffrant de difficultés financières, comme Mathilde, ont recours au vol à l'étalage pour survivre. D'ailleurs, selon le ministère de l'Intérieur, le nombre de vols au a récemment augmenté de 14 %. En effet, l'augmentation des prix de la plupart des denrées alimentaires a eu un impact immédiat sur les finances de plus de la moitié de la population.

42 % des Français sautent des repas pour finir le mois

Selon le rapport de l'IFOP, 42% des citoyens français manquent un repas par jour pour tenir jusqu'à la fin du mois. Pour se nourrir correctement, Mathilde a trouvé la solution : ne pas de payer 60 % de ses courses. La jeune Parisienne de 26 ans a avoué voler une partie de ses courses au supermarché. Pour sa défense, elle soutient que c'était le seul moyen pour s'alimenter. Selon elle, ces petits vols lui permettent d'économiser jusqu'à 100 euros toutes les deux semaines. Des économies non négligeables, étant donné l'état de ses finances.

La méthode de Mathilde pour ne pas se faire prendre

Mathilde, encore à la recherche d'un emploi stable, se retrouve très vite à court d'argent. En effet, ses revenus lui suffisent à peine à payer son loyer et certaines charges fixes. Par conséquent, après avoir tout payé, il ne lui reste que 40 euros par semaine pour ses dépenses alimentaires. Un montant insuffisant, compte tenu de la hausse des prix. Elle dit donc forcée, malgré elle, à voler pour subvenir à ses besoins alimentaires.

« Si je n'avais pas recours au vol... » 

« Si je n'avais pas recours au vol, je ne sais pas comment je ferais pour m'en sortir. Parce qu'une fois que j'ai acheté les choses les plus essentielles, il ne me reste plus rien », a-t-elle confié lors d'une interview accordée à RMC

Pour éviter de se faire prendre la main dans le sac, Mathilde a développé une méthode bien ficelée. Tout d'abord, elle fait en sorte de payer ses courses uniquement au niveau des caisses automatiques. Par la suite, lorsque personne ne la regarde, elle cache une partie de ses courses et paye le reste.

Les lourdes conséquences du vol à l'étalage

Bien évidemment, les actes de Mathilde ne sont pas sans conséquence. Si la jeune femme se fait prendre en plein délit, elle encourra une lourde peine. « J'avoue que je ne sais pas exactement ce que je risque. Peut-être que ça me ferait arrêter… Là, je ne peux pas. », a-t-elle avoué. Si vous l'ignoriez, le vol à l'étalage est considéré comme une infraction pénale et est puni avec une amende dont le montant peut aller jusqu'à 45 000 euros. Mais ce n'est pas tout, Mathilde risque également une peine de 3 ans d'emprisonnement.

Face à la précarité financière et la hausse des prix, ce genre d'acte est-il la seule issue pour les plus démunis ?

Les vols à l'étalage en France : une histoire de 50 ans de délits et de lutte acharnée

  • Les vols à l'étalage dans les supermarchés ont commencé à être un problème majeur en France dans les années 1970.
  • En 1992, la France a adopté une loi sur la sécurité intérieure qui a introduit des sanctions plus sévères pour les vols à l'étalage.
  • En 2009, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux, a lancé une campagne nationale de lutte contre les vols à l'étalage dans les supermarchés.
  • En 2012, un rapport du Sénat a révélé que les vols à l'étalage dans les supermarchés coûtaient environ 4 milliards d'euros par an aux détaillants.
  • En 2014, la chaîne de supermarchés Carrefour a annoncé qu'elle allait installer des portiques de sécurité dans tous ses magasins pour lutter contre les vols à l'étalage.
  • En 2016, la direction de Monoprix a décidé de supprimer les caisses automatiques dans certains magasins, car elles étaient devenues un lieu de passage privilégié pour les voleurs à l'étalage.
  • En 2018, un rapport du Syndicat national des entreprises de sécurité privée (SNES) a révélé que les vols à l'étalage représentaient environ 40% du chiffre d'affaires des entreprises de sécurité.
  • En 2019, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) a publié un guide pour aider les détaillants à lutter contre les vols à l'étalage.
  • En 2020, le confinement lié à la pandémie de Covid-19 a entraîné une hausse des vols à l'étalage dans les supermarchés, en raison de la hausse des prix et de la précarité financière de certains consommateurs.
  • En 2021, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé la mise en place d'une « police du quotidien » pour lutter contre les vols à l'étalage dans les supermarchés et les magasins de proximité.

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