Fortnite poursuivi en justice : le jeu vidéo accusé de créer une dépendance

Décrié par les parents et les responsables éducatifs depuis plusieurs années, le jeu Fortnite est à nouveau mis en cause. Epic Games, concepteur du jeu vidéo, est attaqué en justice pour avoir créé un jeu addictif.

Sabrina Biodore
Par Sabrina Biodore Publié le 09/12/2022 à 18:54
Fortnite Poursuivi En Justice Le Jeu Vidéo Accusé De Créer Une Dépendance
Crédit photo : Pixabay

Sorti en septembre 2017, le jeu Fortnite est devenu un véritable phénomène dans le monde du gaming. A tel point qu'il est cité en référence dans plusieurs programmes et films (notamment dans Avengers Endgame, l'un des plus gros films de 2019). Adulé par les joueurs, le jeu créé par Epic Games, s'est révélé être un véritable cauchemar pour les parents. Depuis sa sortie, il se retrouve souvent au coeur de polémiques. Troubles de l'attention, agressivité ou encore addiction..., Fortnite est souvent pointé du doigt par les responsables éducatifs. Cette fois-ci, Epic Games va faire face à une nouvelle bataille judiciaire au Canada.

Fortnite accusé de créer une dépendance

Epic Games va de nouveau faire face à la justice. En effet, plusieurs parents canadiens ont demandé un recours collectif contre la société. Selon eux, le jeu vidéo Fortnite créerait une dépendance chez les joueurs. Ce sont trois parents qui sont à l'initiative du recours collectif. Ils insistent sur le fait que le Battle Royal entraîne rapidement une addiction que "peut créer l'héroïne ou la cocaïne". Ils ont en outre recensé différents symptômes "physiques et psychologiques" qui pourraient être entraînés par le jeu. Parmi ceux-ci, on recense :  des migraines, des douleurs dorsales ou encore des troubles sociaux importants, selon leurs dires.

Pour rappel, au cours d'une partie, cent joueurs en ligne sont parachutés sur une île. Au départ, ils n'ont pas d'armes. Ils doivent en trouver lorsqu'ils arrivent sur leur lieu de parachutage. Ils doivent ensuite se défendre en éliminant leurs adversaires un par un. Pour corser les choses, la zone de jeu rétrécit au fur et à mesure du temps. Le but final est de faire un Top 1, soit être le dernier survivant avant la fin de la partie.

Une perte de contrôle

Un jugement a été rendu le 8 décembre 2022. Il autorise le recours en s'appuyant sur la base qu'un diagnostic de cyberdépendance a été posé pour l'un des trois mineurs concernés dans cette affaire. Un autre jeune, qui n'avait que 13 ans à l'époque, aurait joué environ 7781 parties en deux ans. Selon ses parents, il aurait joué plusieurs parties d'affilée pendant une durée moyenne de trois heures par jour, se levant parfois la nuit pour jouer. 

Les plaignants reprochent également à Epic Games le fait que Fortnite "encouragerait des dépenses excessives". L'un des mineurs concernés n'a pas hésité à dépenser 6000 dollars canadiens (4100 euros) afin d'acheter des V-Bucks (monnaie virtuelle donnant accès à des danses ou des costumes Fortnite pour les personnages du jeu). Jean-Philippe Caron, qui est l'un des deux avocats en charge de la requête a déclaré que le jeune garçon  "serait allé jusqu'à dire qu'il a été victime d'une fraude". Il a également déclaré qu'il était "satisfait" et "confiant" pour la suite de cette affaire. En effet, pour lui, les "preuves probantes" qui ressortent du dossier viennent appuyer la requête des plaignants.

Des dommages et intérêts demandés

A la demande des trois parents, les avocats ont réclamé le versement de "dommages moraux et matériels ainsi que la restitution des prestations". Ils souhaitent notamment que les achats effectués par les mineurs soient totalement remboursés. Pour les responsables d'Epic Games, les preuves avancées dans cette affaire ne seraient pas suffisantes. Ils pointent également du doigt l'absence d'un "rapport d'expertise" ou encore d'un "dossier médical qui étaye le diagnostic de 'dépendance'. En outre, ils déplorent le fait que le dossier ne contienne aucune étude démontrant "les effets indésirables d'un jeu vidéo". Ils devront toutefois se défendre devant les tribunaux québécois dans quelques mois et répondre des faits qui leur sont reprochés.

Sabrina Biodore

Rédactrice web, j'ai forgé ma plume à l'ère du web. Séries addict, passionnée de cinéma, de lecture, mais je m'intéresse à de nombreux sujets.

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